La propriété industrielle d'une startup désigne les titres (marque, brevet, dessin et modèle) déposés à l'INPI et les droits d'auteur qui permettent de protéger son innovation contre la contrefaçon. Pour une startup, protéger sa marque et son brevet avant la levée de fonds réduit le risque juridique et prouve aux investisseurs que l'entreprise détient bien sa propriété intellectuelle.
Avant le lancement : marque, cessions de droits et registre
- Vérifier puis déposer la marque et le nom de domaine avant tout lancement public.
- Faire signer une cession de droits par chaque fondateur, salarié et prestataire qui écrit du code ou dessine un produit.
- Décider, invention par invention, entre demande de brevet et secret des affaires, avant toute divulgation.
- Tenir un registre daté des créations : il sert de preuve et de base à la due diligence des fonds.
Qu'est-ce que la propriété industrielle pour une startup ?
La propriété intellectuelle se divise en deux branches. La propriété littéraire et artistique regroupe le droit d'auteur et les droits voisins : elle naît de la seule création, sans formalité. La propriété industrielle regroupe les titres qui s'obtiennent par un dépôt auprès d'un office : la marque, le brevet d'invention, les dessins et modèles, les indications géographiques. En France, l'office compétent est l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle, qui enregistre les demandes et publie les titres.
Pour une startup, cette distinction a une conséquence pratique. Une partie de ses actifs est protégée d'office (le code source, les textes, les visuels, au titre du droit d'auteur), une autre ne l'est qu'après un dépôt, et une troisième, le savoir-faire, ne l'est que si l'entreprise organise elle-même sa confidentialité. Chaque titre confère un droit exclusif d'exploitation sur un territoire et pour une durée donnés : c'est ce monopole d'exploitation qui permet d'interdire à un tiers de reproduire l'innovation ou d'utiliser le signe distinctif.
Le Code de la propriété intellectuelle organise l'ensemble. Ses articles fixent ce qui est protégeable, par qui, pour combien de temps, et ce qui tombe dans le domaine public à l'échéance. Le brevet d'invention dure vingt ans au plus à compter du dépôt, sous réserve du paiement des annuités. La marque dure dix ans et se renouvelle sans limite. Le dessin ou modèle dure cinq ans, renouvelable jusqu'à vingt-cinq ans. Le droit d'auteur court jusqu'à soixante-dix ans après la mort de l'auteur.
Pourquoi la propriété intellectuelle pèse autant dans la valeur d'une startup
Une startup n'a souvent ni chiffre d'affaires ni actifs corporels significatifs au moment de sa première levée de fonds. Ce que l'investisseur achète, c'est une technologie, une marque naissante, une base de code et une équipe. Les trois premiers éléments n'ont de valeur que s'ils appartiennent bien à la société et que personne ne peut les reproduire librement.
Du point de vue d'un fonds, la question n'est donc pas « la startup a-t-elle des brevets ? » mais « la société est-elle propriétaire de ce qu'elle prétend vendre ? ». Lors de la due diligence, l'avocat du fonds demande la liste des titres, les contrats de cession signés par les fondateurs, les contrats des salariés et des prestataires, les licences des composants open source et l'historique des dépôts. Une chaîne de droits incomplète ne fait pas toujours échouer une opération, mais elle retarde le closing, entraîne des garanties d'actif et de passif plus lourdes et parfois une décote.
La propriété industrielle sert aussi d'outil commercial. Un brevet délivré se concède en licence, se cède, se nantit. Une marque déposée protège le nom sur lequel l'entreprise investit en marketing. Un portefeuille cohérent est un argument dans les appels d'offres, dans les partenariats avec les grands groupes et lors de la sortie, qu'il s'agisse d'un rachat ou d'une introduction en bourse. Pour un grand groupe qui rachète une jeune pousse, l'actif stratégique est très souvent la technologie brevetée, pas l'équipe.
Quels droits de propriété industrielle une startup peut-elle obtenir ?
Chaque actif d'une jeune entreprise correspond à un mode de protection différent. Le tableau suivant les met en regard, avec la durée et la formalité nécessaire.
| Actif | Protection | Formalité | Durée |
|---|---|---|---|
| Nom commercial, logo | Marque | Dépôt INPI, EUIPO ou OMPI | 10 ans renouvelables |
| Invention technique | Brevet | Demande de brevet, examen | 20 ans maximum |
| Apparence d'un produit, interface | Dessin et modèle | Dépôt INPI ou EUIPO | 5 ans, jusqu'à 25 ans |
| Code source, textes, graphismes | Droit d'auteur | Aucune, preuve de date conseillée | 70 ans après la mort de l'auteur |
| Procédés, algorithmes, données | Secret des affaires | Mesures de confidentialité | Tant que le secret dure |
| Adresse du site | Nom de domaine | Réservation auprès d'un registrar | Selon renouvellement |
Le nom de domaine n'est pas un titre de propriété industrielle : il s'obtient selon la règle du premier arrivé. Il doit pourtant être réservé en même temps que la marque, faute de quoi un tiers peut l'enregistrer et bloquer le lancement. La disponibilité d'un nom de domaine se vérifie gratuitement, et son enregistrement coûte peu : c'est un outil de business autant qu'une adresse. Les conflits entre signe déposé et adresse réservée par un tiers sont fréquents, et une marque antérieure est le meilleur appui pour récupérer un nom de domaine.
La marque, première protection à déposer
La marque est presque toujours le premier dépôt d'une startup, parce qu'elle est exposée dès le premier jour : site, réseaux sociaux, pitch deck, Kbis. Or un nom choisi sans vérification peut déjà appartenir à un tiers. Découvrir une antériorité après six mois de communication oblige à renommer la société, ce qui coûte bien plus cher qu'une recherche préalable.
Vérifier la disponibilité avant de déposer
La recherche porte sur les marques identiques et similaires, dans les classes de produits et services visées, sur les bases de l'INPI, de l'EUIPO et de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Elle couvre aussi les dénominations sociales et les noms de domaine. Une marque proche dans une classe voisine peut suffire à fonder une opposition.
Déposer et choisir le territoire
Le dépôt français en ligne coûte 190 euros pour une classe, puis 40 euros par classe supplémentaire, selon le barème de l'INPI. Le dépôt ouvre un délai d'opposition de deux mois après publication. Pour préparer le dépôt d'une marque à l'INPI, le choix des classes est l'étape qui demande le plus de soin : trop étroit, le libellé laisse des activités futures sans protection ; trop large, il expose à une action en déchéance pour défaut d'usage après cinq ans.
Si l'activité vise d'emblée l'Europe, la marque de l'Union européenne couvre les vingt-sept États en un seul dépôt. Pour d'autres pays, le système de Madrid permet un enregistrement international à partir d'une marque de base, en désignant les pays retenus. Le dépôt français bénéficie d'un délai de priorité de six mois pour étendre la protection à l'étranger à la même date.
Comment déposer un brevet pour une invention ?
Le brevet protège une invention technique nouvelle, impliquant une activité inventive et susceptible d'application industrielle. Il se demande auprès de l'INPI pour la France, de l'Office européen des brevets pour plusieurs pays européens, ou par la voie internationale PCT pour le monde entier. La condition de nouveauté est absolue : toute divulgation avant le dépôt (article, salon, démonstration à un client, levée de fonds sans accord de confidentialité, publication sur un dépôt de code public) détruit la brevetabilité.
La demande de brevet comprend une description, des revendications qui fixent l'étendue du droit, un abrégé et des dessins. L'INPI établit un rapport de recherche qui cite l'état de la technique, puis délivre le titre si les objections sont levées. Les taxes officielles restent modestes, de l'ordre de quelques centaines d'euros, avec une réduction pour les PME et les personnes physiques. La rédaction par un conseil en propriété industrielle représente l'essentiel du budget, souvent plusieurs milliers d'euros pour une première demande.
Le premier dépôt ouvre un délai de priorité de douze mois pendant lequel la startup peut étendre la demande à l'étranger en conservant la date initiale. C'est ce délai qui permet de tester le marché et de lever des fonds avant d'engager les frais d'extension. Depuis le 1er juin 2023, le brevet européen à effet unitaire couvre en une seule validation les États membres participants, avec une juridiction unifiée du brevet. Le guide pour déposer un brevet à l'INPI détaille les étapes et le calendrier.
Le logiciel et le code source : droit d'auteur d'abord
En France comme en Europe, un programme d'ordinateur n'est pas brevetable « en tant que tel ». Il est protégé par le droit d'auteur, qui couvre le code source, le code objet et le matériel de conception préparatoire. Une invention mise en œuvre par ordinateur peut en revanche être brevetée si elle produit un effet technique, par exemple le pilotage d'un procédé industriel ou l'amélioration du fonctionnement d'une machine.
Le droit d'auteur naît sans formalité, mais il faut pouvoir prouver la date de création et l'identité de l'auteur. Plusieurs moyens existent : le dépôt du code chez un tiers de confiance, l'horodatage, l'historique d'un système de gestion de versions, ou l'enveloppe Soleau électronique de l'INPI. Pour dater une création avec l'enveloppe Soleau, le dépôt est simple et peu coûteux, mais il ne confère aucun droit exclusif : c'est un moyen de preuve, pas un titre.
Les droits patrimoniaux sur un logiciel créé par un salarié dans l'exercice de ses fonctions appartiennent à l'employeur, en vertu de l'article L113-9 du Code de la propriété intellectuelle. Cette règle ne s'applique ni aux fondateurs non salariés, ni aux stagiaires, ni aux freelances, ni aux agences. Pour eux, seule une cession écrite transfère les droits à la société. L'essor des outils d'intelligence artificielle ajoute une question, que chaque développeur et chaque employeur doivent anticiper : un code généré sans apport créatif humain identifiable peut ne pas être protégé, et les conditions d'utilisation de l'outil doivent être relues.
Les composants open source demandent une vigilance particulière. Certaines licences imposent de publier le code dérivé sous la même licence. Un audit des dépendances avant la levée évite qu'un investisseur découvre qu'une partie du produit ne peut pas être commercialisée sous licence propriétaire.
Cession des droits : sécuriser les apports des fondateurs, salariés et prestataires
La faille la plus fréquente dans une startup n'est pas l'absence de brevet, c'est l'absence de contrat. Le code écrit par un cofondateur avant l'immatriculation, le logo dessiné par un graphiste indépendant, le prototype conçu par une agence : tous ces éléments appartiennent à leur auteur tant qu'aucune cession ne les a transférés à la personne morale.
Ce que doit contenir un contrat de cession
L'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle exige que la cession de droits d'auteur mentionne distinctement chaque droit cédé (reproduction, représentation, adaptation, traduction), le domaine d'exploitation, l'étendue, la destination, le lieu et la durée. Une clause vague du type « l'ensemble des droits est cédé » est fragile. La cession doit aussi prévoir une rémunération, qui peut être forfaitaire dans les cas prévus par la loi.
Fondateurs, salariés, stagiaires
Pour les fondateurs, un apport en nature ou une cession à la société dès sa création régularise ce qui a été développé avant. Pour les salariés, le contrat de travail rappelle le régime des inventions : les inventions de mission appartiennent à l'employeur, moyennant une rémunération supplémentaire, selon l'article L611-7. Le régime distingue trois catégories : les inventions de mission, les inventions hors mission attribuables, que l'employeur peut revendiquer contre un juste prix, et les inventions libres, qui restent au salarié. Un développeur recruté pour écrire du code ne peut donc pas revendiquer le logiciel, mais l'employeur a intérêt à l'écrire noir sur blanc pour limiter tout risque de contestation. Pour les stagiaires et les chercheurs accueillis, une convention spécifique est nécessaire, car ils ne sont pas salariés.
Les contrats avec les prestataires ajoutent une clause de cession, une garantie d'originalité et une clause de confidentialité. Avec un laboratoire public ou une société d'accélération du transfert de technologies, la licence ou la cession du brevet fait l'objet d'une négociation distincte, souvent avec des redevances.
Brevet ou secret des affaires : choisir pour chaque innovation
Le brevet oblige à publier l'invention dix-huit mois après le dépôt. En échange, il donne un droit opposable à tous, y compris à celui qui aurait trouvé la même solution de façon indépendante. Le secret des affaires, protégé depuis la loi du 30 juillet 2018, n'impose aucune publication et n'a pas de durée limite, mais il ne protège pas contre l'ingénierie inverse ni contre une découverte indépendante.
En startup, l'option à privilégier se juge en fonction de la nature de l'innovation. Un produit vendu que l'on peut démonter se protège mal par le secret. Un procédé de fabrication, un algorithme exécuté sur un serveur ou un jeu de données d'entraînement restent invisibles pour le client et se prêtent au secret. Beaucoup de startups combinent les deux : brevet sur ce qui est visible, secret sur le savoir-faire qui l'entoure. Dans une fintech ou une startup de la tech, le modèle de scoring et les données clients relèvent en général du secret, tandis que l'interface et le nom relèvent de la marque et du dessin et modèle.
Pour bénéficier de la protection légale, l'information doit ne pas être généralement connue, avoir une valeur commerciale du fait de son caractère secret, et faire l'objet de mesures raisonnables de protection : accords de confidentialité, accès restreints, marquage des documents, clauses dans les contrats de travail.
Quelles aides pour la propriété intellectuelle d'une startup ?
Plusieurs dispositifs réduisent le coût de la protection. L'INPI réduit certaines taxes de brevet pour les PME, les personnes physiques et les organismes de recherche, et propose des accompagnements, dont un prédiagnostic de propriété industrielle destiné aux jeunes entreprises. Bpifrance finance des projets d'innovation dont les frais de dépôt peuvent faire partie. Les incubateurs, les pôles de compétitivité et les régions proposent parfois une subvention ou une prise en charge partielle, pour soutenir les dépôts des startups qu'ils accompagnent. Ces aides servent à soutenir la phase de développement, quand l'employeur n'a pas encore de revenus pour financer ses titres, et certaines sont cumulables avec le soutien de Bpifrance.
Sur le plan fiscal, le crédit d'impôt recherche et le crédit d'impôt innovation intègrent dans leur assiette une partie des frais de prise, de maintenance et de défense des brevets, dans les conditions fixées par le Code général des impôts. Les revenus tirés de la concession de brevets ou de logiciels protégés peuvent relever d'un taux réduit d'imposition, le régime dit IP box. Ces dispositifs évoluent chaque année : le montant exact se vérifie auprès des services fiscaux ou d'un expert-comptable au moment du dépôt.
Le statut de jeune entreprise innovante ouvre des exonérations sociales et, selon les années, fiscales. Il ne finance pas directement les dépôts, mais il libère de la trésorerie à la période où les frais de protection pèsent le plus.
Comment élaborer une stratégie de propriété intellectuelle ?
Une stratégie de propriété intellectuelle répond à trois questions : que faut-il protéger, où, et avec quel budget. Elle se construit à partir du modèle d'affaires, pas l'inverse. Une place de marché vit de sa marque et de sa base de données ; une société de biotechnologie vit de ses brevets ; un éditeur de logiciel vit de son code et de ses contrats de licence.
- Inventaire. Lister les actifs existants : noms, logos, inventions, code, bases de données, designs, savoir-faire.
- Chaîne de droits. Vérifier pour chacun qui en est l'auteur et si la société en est bien titulaire.
- Liberté d'exploitation. Rechercher les brevets et marques de tiers qui pourraient bloquer la commercialisation.
- Priorités de dépôt. Marque et nom de domaine d'abord, puis brevet sur l'invention cœur avant toute divulgation.
- Calendrier international. Utiliser les délais de priorité pour étaler les frais sur la période de levée.
- Veille. Surveiller les dépôts de concurrents et les marques proches pour agir en opposition dans les délais.
La recherche de liberté d'exploitation est souvent négligée. Détenir un brevet ne donne pas le droit d'exploiter son invention si celle-ci reprend une revendication d'un brevet antérieur appartenant à un tiers. Une recherche d'antériorité menée tôt limite ce risque et nourrit la rédaction des revendications.
Se faire accompagner : conseil en propriété industrielle ou avocat
Le conseil en propriété industrielle rédige les demandes de brevet et de marque et gère le portefeuille auprès des offices. L'avocat spécialisé intervient sur les contrats, les pactes, la cession de droits et le contentieux de contrefaçon. Pour un entrepreneur qui démarre, un diagnostic de départ suffit souvent à classer les actifs par importance et par risque ; l'importance d'un dépôt se mesure à ce qu'il protège dans le business model, pas au nombre de titres. Les incubateurs et les réseaux de soutien aux startups mettent souvent en relation avec un avocat ou un conseil pour un premier rendez-vous.
Les principaux risques à couvrir tiennent en une courte liste : un nom déjà déposé par un tiers, un code qui n'appartient pas à la société, une invention divulguée avant le dépôt, un employeur qui n'a pas prévu de clause d'invention, un concurrent qui copie sans être poursuivi. Chaque risque correspond à un outil juridique précis, et ces outils se mettent en place bien avant la première contrefaçon.
Défendre ses droits : action en contrefaçon et opposition
Un titre n'a de valeur que si son titulaire est prêt à le faire respecter. L'action en contrefaçon permet d'obtenir la cessation des actes, des dommages et intérêts et la destruction des produits. La saisie-contrefaçon, autorisée par le juge, sert à réunir les preuves avant l'action. Les litiges de propriété industrielle relèvent en France de tribunaux judiciaires spécialisés, dont le tribunal judiciaire de Paris pour les brevets.
L'opposition devant l'INPI est une voie plus rapide et moins coûteuse contre une marque déposée par un tiers qui porte atteinte à un droit antérieur. Elle doit être formée dans les deux mois de la publication de la demande. Pour une startup, la surveillance des dépôts est donc aussi importante que ses propres dépôts : laisser passer ce délai oblige ensuite à une action en nullité, plus longue.
La défense a un coût. Certaines assurances couvrent les frais de procédure en propriété intellectuelle, et un fonds d'investissement peut exiger que le budget de défense soit prévu dans le plan de financement, en particulier dans les secteurs où les litiges sont fréquents.
Budget et calendrier : ce qu'une startup dépense vraiment
Le budget de propriété industrielle d'une jeune entreprise suit ses étapes de financement. Au stade de l'idée, il se limite à la recherche de disponibilité, au dépôt de la marque française et à la réservation des noms de domaine. Au stade du prototype, s'ajoutent la preuve de date des créations, les contrats de cession et, si l'invention s'y prête, le premier dépôt de brevet. Avant la levée de fonds, viennent l'audit de la chaîne de droits et, parfois, l'extension internationale.
Les montants varient fortement selon le secteur. Une startup du numérique peut sécuriser l'essentiel avec une marque, une preuve de date du code et des contrats bien rédigés. Une startup industrielle ou de santé engage plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée de vie d'une famille de brevets, principalement en frais de conseil, de traduction et d'annuités dans chaque pays. Pour articuler la propriété industrielle avec le droit commercial, les pactes d'associés et les contrats de licence doivent aussi prévoir le sort des actifs en cas de départ d'un fondateur.
Startup : brevet avant la levée, code source, coût d'une marque
- Une startup doit-elle breveter son invention avant de lever des fonds ?
- Il faut au minimum déposer la demande de brevet avant de présenter l'invention aux investisseurs sans accord de confidentialité, car toute divulgation détruit la nouveauté. La délivrance du titre peut intervenir après la levée.
- Le code source d'une startup est-il protégé sans dépôt ?
- Le code source est protégé par le droit d'auteur dès sa création, sans formalité. La startup doit toutefois pouvoir prouver la date de création et être titulaire des droits, ce qui suppose une cession écrite de la part des fondateurs et des prestataires.
- Combien coûte le dépôt d'une marque en France ?
- Le dépôt en ligne à l'INPI coûte 190 euros pour une classe de produits ou services, puis 40 euros par classe supplémentaire. La protection dure dix ans et se renouvelle indéfiniment.
- Quelle différence entre propriété industrielle et propriété intellectuelle ?
- La propriété intellectuelle regroupe deux branches : la propriété littéraire et artistique, dont le droit d'auteur, et la propriété industrielle, qui couvre les marques, brevets, dessins et modèles obtenus par un dépôt auprès d'un office.
















